Garçons et filles baptisés
Répartition des 132 baptêmes selon le prénom de l’enfant tel qu’il est relevé dans le dépouillement.
Une étude de 192 actes pour restituer les familles, les métiers, les déplacements, la vie religieuse et les événements marquants d’une communauté rurale de l’Yonne.
Les informations certaines sont séparées des éléments qui nécessitent encore une vérification archivistique ou historique.
Une lecture quantitative des 192 actes dépouillés. Chaque indicateur précise son périmètre lorsque les lacunes du registre ou l’absence d’âge limitent le calcul.
Ces extrêmes ne sont pas des records démographiques absolus de Chamoux : ils correspondent uniquement aux âges et filiations effectivement exploitables dans le registre conservé.
Répartition des 132 baptêmes selon le prénom de l’enfant tel qu’il est relevé dans le dépouillement.
Nombre d’actes datables par année entre 1649 et 1681. Les années à zéro signifient qu’aucun acte daté de ce type n’est actuellement relevé, pas nécessairement qu’aucun événement n’a eu lieu.
Sur les 17 sépultures dont l’âge est exploitable, 9 concernent des enfants de moins de 12 ans et 8 des personnes de 12 ans ou plus. Les 26 autres sépultures du registre n’indiquent pas un âge suffisamment exploitable pour cette comparaison.
Les cartes utilisées sont postérieures au registre, mais permettent de visualiser la permanence des villages, bois, chemins et cours d’eau.
La carte de Cassini replace Chamoux dans un territoire de vallées, de bois et de chemins reliant les bourgs du sud de l’Yonne et du nord de la Nièvre.
Les actes confirment une mobilité vers Cray, La Feuille à Urzy, Asnières, Dornecy, Vézelay, Autun, Sardy-les-Forges et Chastel-Censoir.
Le cadastre napoléonien montre ensuite plus finement le village de Chamoux, le hameau de Cray, le bois de Breuillard, La Feuille et Le Cellion.
Les cartes montrent un terroir de plateaux entaillés et de vallons, organisé autour de chemins sinueux et de pentes boisées.
Un ruisseau traverse le secteur de Cray et de Chamoux. Sa dénomination et son tracé historique précis restent à vérifier sur les plans et référentiels hydrographiques.
Le bois de Breuillard, les bois communaux, La Feuille et de nombreuses parcelles cultivées occupent une place importante sur le cadastre.
Vézelay, Asnières, Dornecy, Urzy, Corvol, Clamecy et plusieurs paroisses voisines apparaissent dans les réseaux du registre.
Les plans montrent les voies reliant Chamoux à Cray et aux terroirs voisins, bien avant le réseau routier contemporain.
12 lieux ou formes de lieux ont été repérés dans les champs structurés : Asnières, Autun, Brouillard, Chamoux, Chastel-Censoir, Cray, Dornecy, La Feuille, Saint-Étienne de Vézelay, Sardy-les-Forges, Urzy, Vézelay.
Ces plans du XIXe siècle ne représentent pas exactement Chamoux au XVIIe siècle, mais ils éclairent la structure durable du terroir.






Entre 1649 et 1681, les habitants de la paroisse vivent au rythme des saisons, des récoltes, de la messe, des naissances et des décès. Le registre ne raconte pas leurs journées, mais ses actes permettent de retrouver leurs métiers, leurs familles, leurs déplacements et certaines épreuves. Le contexte historique aide ensuite à comprendre le monde matériel dans lequel ces vies s’inscrivent.
Une maison n’abrite pas nécessairement un seul couple et ses enfants. Selon les ressources, plusieurs générations, un parent veuf ou des proches peuvent partager le même foyer et la même exploitation. Les pièces sont peu nombreuses ; la cheminée concentre cuisson, chauffage, travail et sociabilité, tandis que granges, étables et réserves font partie du même ensemble domestique.
La majorité des ressources vient directement du travail agricole : grain, jardins, animaux, bois, éventuellement vigne et travail journalier. Le laboureur dispose généralement de moyens d’exploitation plus importants ; le manœuvre vend davantage sa force de travail et reste plus exposé lorsque l’activité ou les récoltes diminuent.
Les familles ne vivent pas dans une économie exclusivement monétaire. Une part des échanges et obligations peut être réglée en produits ou en travail. Aux dépenses du foyer s’ajoutent prélèvements royaux, dîmes et droits attachés aux terres ou à la seigneurie. Les guerres de Louis XIV accentuent progressivement la pression financière sur le royaume rural.
La table paysanne repose surtout sur les céréales : pain, soupes, bouillies et préparations épaissies. Légumineuses et légumes du jardin, œufs, laitages, fruits et noix complètent l’ordinaire ; la viande est moins quotidienne et doit souvent être conservée par salage. On cuisine sur l’âtre, dans des pots de terre, chaudrons ou marmites, avec des cuissons longues adaptées aux soupes et ragoûts.
Il n’existe ni antibiotiques, ni vaccination généralisée, ni compréhension microbienne des infections. La plupart des soins commencent dans la famille : plantes, emplâtres, alimentation, repos et pratiques héritées. Médecins et chirurgiens existent, mais leur accessibilité dépend fortement du lieu et des moyens. L’accouchement se déroule le plus souvent à domicile avec l’aide de femmes expérimentées ou d’une matrone.
La petite enfance est l’un des âges les plus vulnérables de l’Ancien Régime. Infections, troubles digestifs, accidents, complications de naissance et maladies contagieuses frappent des organismes sans les moyens thérapeutiques actuels. Le baptême est donc souvent donné rapidement après la naissance.
La période se situe dans le Petit Âge glaciaire, dont la seconde moitié du XVIIe siècle compte parmi les phases froides à l’échelle européenne. Il ne faut pas imaginer trente années d’hiver permanent : l’enjeu est surtout une forte variabilité, avec des épisodes froids ou humides capables de compromettre récoltes et approvisionnements. À la maison, l’âtre constitue la principale source de chaleur et l’éclairage reste coûteux et limité.
La paroisse encadre le calendrier autant que les grandes étapes de la vie. Baptême, mariage, confession, fêtes, dimanches et sépulture rythment la communauté. Le curé n’est pas seulement celui qui écrit le registre : il est l’un des principaux acteurs institutionnels du quotidien.
Dans une petite communauté, famille, voisinage et alliance se recouvrent largement. Parrains, marraines et témoins sont donc précieux : ils montrent qui est proche de qui, qui sait signer, qui bénéficie d’une position reconnue et quels liens dépassent les limites immédiates de la paroisse.
Le roi reste une autorité lointaine dans la vie quotidienne. Plus près des habitants se trouvent le curé, les détenteurs des droits seigneuriaux, les officiers de justice et les hommes habitués aux actes écrits.
Jean Bidault apparaît comme lieutenant de Chamoux ; Augustin Cambuzat comme greffier ; Edmé Massé comme notaire. Leur présence dans les mariages, témoignages et signatures aide à identifier une petite élite locale.
Les habitants travaillent la terre, mais ils ne restent pas enfermés dans leur paroisse. Mariages, services domestiques, emplois, parenté et parrainages font circuler des personnes entre les communautés.
Le registre mentionne par exemple un cocher à La Feuille, un boulanger de Vézelay, des personnes venant de Cray, Asnières, Sardy-les-Forges ou Chastel-Censoir, et Simon Morina, palefrenier du prince de Condé demeurant à Chamoux.
Une seule chronologie met désormais en regard ce que le registre atteste à Chamoux et les grands repères du royaume. Les faits locaux restent distingués du contexte général lorsqu’aucun lien direct ne peut être démontré.
Le premier registre conservé s’ouvre sous le curé Mareschal. Les premiers feuillets sont aujourd’hui très dégradés, ce qui limite les comparaisons démographiques et explique plusieurs lacunes du dépouillement.
Les premiers actes sont contemporains de la Fronde, pendant la minorité de Louis XIV. Le registre ne permet pas d’en mesurer directement les conséquences à Chamoux.
Les familles Moreau, Guérault, Thibault, Cambuzat, Belin et d’autres deviennent de plus en plus visibles dans les baptêmes, mariages, parrainages et réseaux locaux.
Louis XIV commence son gouvernement personnel. La centralisation du pouvoir et l’augmentation progressive des dépenses militaires et fiscales forment le cadre général dans lequel vivent les campagnes.
Mareschal cède la place à Pourcher. Fiacre et Edmée Bureau, jumeaux nés le 28 novembre 1669, sont baptisés le 1er décembre. En 1670, Germain Bureau meurt d’un coup de fusil et plusieurs sépultures se rapprochent au mois de septembre.
Le royaume entre dans une phase de puissance accrue. Les campagnes restent cependant vulnérables aux variations des récoltes, aux prix des grains et aux prélèvements.
Le service paroissial connaît une transition particulièrement bien documentée. Gabriel Robineau, curé d’Asnières, intervient ponctuellement. L’acte 116 du 30 novembre 1671 signale le retour de Pourcher ; l’acte 117 du 9 janvier 1672 porte ensuite la note « départ de Pourcher, Chamoux n’a plus de curé ». Mouran prend le relais comme desservant, avec un intérim ponctuel de F. Chesneau. Il ne signe « prêtre et Curé » qu’à partir de l’acte 135, le 26 août 1675.
La guerre de Hollande commence en 1672. Pour Chamoux, on peut parler d’un contexte militaire et fiscal, mais aucun passage de troupes ne doit être affirmé tant qu’une source locale ne l’atteste pas.
Plusieurs sépultures d’enfants et de jeunes se concentrent sur quelques mois : Agathe, Françoise Ribaillère, Marie et Adrienne Thibault, puis François Tasché. Cette concentration peut signaler un épisode local, mais aucune épidémie ne peut être affirmée à partir du seul registre.
La seconde moitié du XVIIe siècle appartient à une phase froide du Petit Âge glaciaire. Il faudra confronter Chamoux aux paroisses voisines avant d’associer cette grappe de décès à une épidémie, une disette ou un épisode climatique.
Ces éléments complètent la chronologie sans répéter la vie quotidienne déjà décrite plus haut. Plusieurs restent des pistes de recherche plutôt que des conclusions définitives.
Les actes citent des lieutenants, greffiers et notaires. La seigneurie et les ressorts judiciaires exacts de Chamoux restent à documenter.
Le déplacement de Mouran à Autun sur ordre épiscopal constitue un indice fort, mais l’organisation diocésaine précise doit encore être confirmée.
Une demoiselle de La Ferté, Samuel Daulnay, sieur de Gouze ?, une mention lue provisoirement « François de Rochefort », le prince de Condé et Monseigneur de Vézelay apparaissent directement ou indirectement dans l’environnement du registre.
Plusieurs mains se succèdent. Les premières sont très irrégulières ; la lecture devient plus stable dans les pages tardives.
Français ancien, avec des formules religieuses et administratives propres aux registres paroissiaux du XVIIe siècle.
Les baptêmes indiquent généralement l’enfant, ses parents, son parrain et sa marraine ; les mariages et sépultures deviennent ensuite plus détaillés.
Feuillets déchirés, froissés, superposés, déplacés ou partiellement perdus.
G. Mareschal, Claude Pourcher, Mouran, Gabriel Robineau, F. Chesneau, Bonot et d’autres officiants apparaissent.
Moreau, Guérault, Thibault, Cambuzat, Ribaillère, Belin, Bureau, Perruchot, Fouquery et Picard structurent une grande partie des actes.
Jean, Jeanne, Claude, Claudine, Edmé, Philiberte, Marie, Françoise, Jacques et Augustin sont les plus souvent cités.
Les parrains et marraines relient les familles entre elles et permettent souvent de distinguer les homonymes ou de confirmer une alliance.
Lieutenants, greffiers, notaires et procureurs fiscaux apparaissent aux côtés des familles rurales.
Laboureurs et manœuvres dominent, mais le registre cite aussi des métiers de service, de commerce et d’artisanat.
Les actes relient Chamoux à Cray, Urzy, Asnières, Vézelay, Dornecy, Autun et plusieurs paroisses plus éloignées.
Les grands indicateurs sont présentés en haut de page ; cette section en propose la lecture familiale. Ils ne décrivent pas une population exhaustive : les premières pages sont lacunaires et plusieurs actes ne comportent ni date précise ni filiation complète.
115 baptêmes possèdent deux parents identifiés, répartis entre 73 couples. La moyenne obtenue, 1.58, est nécessairement sous-estimée par les lacunes et la période limitée du registre.
L’espacement médian est de 4.3 ans et la moyenne de 4.6 ans sur 26 intervalles datables. Ces valeurs élevées signalent surtout des actes manquants ou des familles observées partiellement.
Le premier conjoint nommé a en moyenne 27.4 ans ; le second conjoint 26.7 ans. L’échantillon ne compte que 15 âges individuels exploitables.
Parmi les 17 sépultures dont l’âge est exploitable, 2 concernent un enfant de moins d’un an, 6 un enfant de moins de cinq ans et 9 un enfant de moins de douze ans.
Pour les âges connus, les enfants de moins de douze ans meurent en moyenne à 4.6 ans ; les personnes âgées de douze ans ou plus à 49.6 ans. L’échantillon est trop faible pour parler d’espérance de vie.
2 remariages rapides sont explicitement relevés en 1670, environ deux mois après le décès du conjoint.
1 paire de jumeaux est confirmée : Fiacre et Edmée Bureau, nés le 28 novembre 1669 et baptisés le 1er décembre.
Le registre ne conserve pas le baptême de cette enfant. Nous ne connaissons que son inhumation, alors qu’elle est âgée de six à sept jours.
Elle est dite fille de Samuel Courselle et de Françoise Benoist, que l’on retrouve par ailleurs dans le registre.
Un décès maternel très probable : Jeanne Leconte, épouse de Pierre Penot, est inhumée le même jour que le baptême de leur fils Claude Penot, en 1668. La concomitance des deux actes suggère fortement un décès lié à l’accouchement, sans que le curé l’indique explicitement.
Une enfant posthume certaine : Anne Moreau, baptisée le 1er janvier 1675, est dite fille de feu Jean Moreau et d’Edmée Cambuzat.
0 dispense est explicitement relevée dans la transcription actuelle. Les actes de mariage doivent toutefois être relus spécifiquement sur ce point.
Au-delà des chiffres, quelques actes laissent entrevoir des drames, des liens et des trajectoires individuelles.
Jeanne Leconte, épouse de Pierre Penot, est inhumée le même jour que le baptême de leur fils Claude. La concomitance suggère fortement un décès lié à l’accouchement, sans que le curé en donne la cause.
Elle est baptisée fille de feu Jean Moreau et d’Edmée Cambuzat. En quelques mots, l’acte conserve le lien entre une enfant et un père mort avant sa naissance.
Les deux enfants de Germain Bureau et Perrette Leconte sont baptisés le 1er décembre, chacun avec son propre parrain et sa propre marraine.
Cette mort violente constitue l’un des actes les plus singuliers du registre et ouvre une piste vers d’éventuelles archives judiciaires.
Simon Morina apparaît comme palefrenier de Monsieur le Prince de Condé. Une petite paroisse rurale se trouve ainsi reliée à une grande maison princière.
Paraphes spectaculaires de curés, écriture plus simple de femmes et marques personnelles révèlent les écarts de maîtrise de l’écrit.
Le mariage de Jean Bret et de Jeanne, fille de feu Charles et Jeanne Thibault (acte 184), réunit pas moins de cinq témoins nommés, dont le notaire Edmé Massé — signe d’une union entre familles notables.
Marie, fille illégitime de Samuel Courselle et Françoise Benoist, est inhumée le 23 septembre 1680 (acte 180). Huit jours plus tard, le 1er octobre (acte 182), Samuel Courselle épouse Henriette Grosser, veuve de François Renaud — simple rapprochement chronologique, sans conclusion à en tirer sans plus d’éléments.
Le registre ne livre pas une seule branche, mais plusieurs foyers étroitement liés aux Moreau, Thibault, Guérault, Belin, Perrin et Fouquery. Les actes de baptême et les parrainages permettent de distinguer les homonymes et de suivre les alliances.
3 enfants retrouvés
Jeanne • Edmé • Toussine
Filiation confirmée par les baptêmes
3 enfants retrouvés
Lazare • Claude • Aymée
Filiation confirmée par les baptêmes
5 enfants relevés
Le foyer le plus fécond observé parmi les baptêmes complets.
Augustin est également greffier
Greffier de Chamoux, fréquemment présent comme parrain et témoin.
Signature conservée dans la galerie
Présent dans les réseaux de parrainage sur environ trente ans.
Une figure durable de la communauté
Belin • Perrin • Fouquery • Gagné et d’autres familles apparaissent dans le réseau Cambuzat.
Alliances, parrainages et voisinages
Ce schéma synthétise uniquement les filiations soutenues par les baptêmes actuellement structurés.
Curés, officiers, notables et femmes de la paroisse donnent au registre une dimension profondément humaine. Certaines lectures restent provisoires.
Les tableaux viennent en fin de page pour laisser d’abord place au récit, aux images et aux visualisations.
| Indicateur | Résultat | Précaution d’interprétation |
|---|---|---|
| Actes dépouillés | 192 | 132 baptêmes, 17 mariages, 43 sépultures |
| Couples parentaux complets | 73 | Uniquement lorsque les deux parents sont lisibles |
| Enfants baptisés par couple | 1,58 en moyenne | Valeur sous-estimée par les lacunes |
| Espacement médian des baptêmes | 4,29 ans | Probablement augmenté par des actes manquants |
| Décès avant 12 ans | 9 sur 17 âges connus | Échantillon trop faible pour généraliser |
| Naissances multiples | 1 paire de jumeaux | Fiacre et Edmée Bureau |
| Enfant posthume | 1 cas certain | Anne Moreau, fille de feu Jean Moreau |
| Décès maternel concomitant | 1 cas très probable | Jeanne Leconte ; cause non écrite dans l’acte |
Registre paroissial de Chamoux, cote 4E71/E1, dépouillé page par page et transcrit dans le classeur enrichi.
Carte de Cassini issue de Gallica/BnF et plans cadastraux anciens de Chamoux et de ses environs fournis pour l’étude.
Les variantes de noms sont conservées. Une forme normalisée peut être utilisée séparément pour les regroupements statistiques.
Les lectures sont distinguées entre certaines, probables et incertaines. Les hypothèses ne remplacent jamais le texte de l’acte.
Les premiers feuillets sont lacunaires, 14 baptêmes ne sont pas datés et seuls 17 décès comportent un âge exploitable.
La page pourra être enrichie au fur et à mesure des recoupements avec le GEDCOM, les registres voisins et les archives judiciaires.