L’Encre des Origines — Généalogie familiale et successoraleMe contacter
Illustration de la paroisse de Chamoux au XVIIe siècle
Registre entièrement dépouillé

Chamoux
1649–1681

Une étude de 192 actes pour restituer les familles, les métiers, les déplacements, la vie religieuse et les événements marquants d’une communauté rurale de l’Yonne.

Cote 4E71/E1 40 pages étudiées 132 baptêmes 17 mariages 43 sépultures
Présentation du registre

La carte d’identité du document

Les informations certaines sont séparées des éléments qui nécessitent encore une vérification archivistique ou historique.

CommuneChamoux
Département actuelYonne, région Bourgogne–Franche-Comté
Ancienne provinceBourgogne. Le département de l’Yonne n’existe pas encore pendant la période étudiée.
ParoisseChamoux
Type de registreBaptêmes, mariages et sépultures
Dates effectives1649–1681
Cote d’archives4E71/E1 — intitulé archivistique exact à confirmer sur l’instrument de recherche
Pages étudiées40 pages de registre
État du dépouillementTerminé
État matérielPremiers feuillets très dégradés, déchirés, froissés et parfois superposés
Difficultés de lectureEncre pâlie, actes fragmentaires, graphies variables et changements de main
Lacunes14 baptêmes sans année exploitable et plusieurs actes incomplets
Début du dépouillementÀ renseigner
Fin du dépouillementÀ renseigner
Résultats du dépouillement

Le registre en chiffres

Une lecture quantitative des 192 actes dépouillés. Chaque indicateur précise son périmètre lorsque les lacunes du registre ou l’absence d’âge limitent le calcul.

192
Actes au total
40 pages étudiées
132
Baptêmes
68,8 % des actes
17
Mariages
8,9 % des actes
43
Sépultures
22,4 % des actes
73
Couples parentaux complets
115 baptêmes avec deux parents identifiés
363
Formes nominatives distinctes
Avant dédoublonnage définitif des homonymes
17
Métiers et qualités
Catégories distinctes relevées
12
Lieux repérés
Minimum dans les champs structurés
Records observables

Des chiffres qui racontent des vies

Ces extrêmes ne sont pas des records démographiques absolus de Chamoux : ils correspondent uniquement aux âges et filiations effectivement exploitables dans le registre conservé.

10 mois
Plus jeune décès avec âge connu
Acte 86 · 1670
77 ans
Décès le plus âgé relevé
Acte 192 · décembre 1680
20 ans
Plus jeune âge au mariage relevé
Plusieurs conjoints en 1670
45 ans
Âge le plus élevé au mariage relevé
Acte 103 · double remariage
1,58
Enfants baptisés par couple
Moyenne sur 73 couples complets
5
Maximum d’enfants retrouvés
Augustin Cambuzat × Agathe Perrin
4,3 ans
Espacement médian entre naissances
26 intervalles datables
37
Actes avec signataire laïc
47 signatures relevées au total
Âge des parents à la naissance : cet indicateur n’est pas encore affiché. Il exige de relier avec certitude la naissance de chaque père et mère à celle de leurs enfants ; les homonymes et les dates de naissance manquantes rendent actuellement les extrêmes trop fragiles pour être publiés sans contrôle individuel.
Naître à Chamoux

Garçons et filles baptisés

Répartition des 132 baptêmes selon le prénom de l’enfant tel qu’il est relevé dans le dépouillement.

Garçons
65 · 49.2%
Filles
66 · 50.0%
Indéterminé
1 · 0.8%
65garçons
66filles
1prénom illisible
La répartition est presque parfaitement équilibrée. Un seul baptême (acte 75) reste impossible à classer parce que le prénom de l’enfant n’est pas identifié.
Le registre année après année

Baptêmes, mariages et sépultures

Nombre d’actes datables par année entre 1649 et 1681. Les années à zéro signifient qu’aucun acte daté de ce type n’est actuellement relevé, pas nécessairement qu’aucun événement n’a eu lieu.

Baptêmes Mariages Sépultures
0 3 6 9 12 1649 1652 1655 1658 1661 1664 1667 1670 1673 1676 1679 1681
1667pic de baptêmes · 12 actes
1670pic de mariages · 7 actes
1680pic de sépultures · 12 actes
Périmètre du graphique : 118 baptêmes sur 132 ont une année exploitable ; les 14 autres ne sont pas répartis artificiellement. Les 17 mariages et les 43 sépultures sont tous datables. Le pic de 12 sépultures en 1680 ressort nettement, mais le registre seul ne permet pas d’en attribuer la cause.
Mortalité dans les âges connus

Décès : enfants vs adultes

Sur les 17 sépultures dont l’âge est exploitable, 9 concernent des enfants de moins de 12 ans et 8 des personnes de 12 ans ou plus. Les 26 autres sépultures du registre n’indiquent pas un âge suffisamment exploitable pour cette comparaison.

192 actes
Baptêmes132
Mariages17
Sépultures43
Patronymes les plus citésNombre de mentions dans les rôles principaux, et non nombre d’individus distincts.Moreau84Guérault73Thibault66Cambuzat56Ribaillère37Belin36Picard23Gagné15Perruchot15Leconte15
Prénoms les plus citésMentions dans les rôles principaux du registre.Jean62Jeanne61Claude46Claudine36Edmé29Marie22Philiberte22Françoise21Augustin20Jacques20
Parrains et marraines les plus sollicitésNombre de présences relevées dans les baptêmes.Agathe Perrin7Jean Moreau6Augustin Cambuzat6Jeanne Belin6Claude Cambuzat5Philiberte Ribaillère5Jean Belin4Jacques Picard4Toussaint Cambuzat4Jeanne Thibault4
Métiers, charges et qualitésMentions explicites repérées dans les champs de profession, qualité ou témoins des actes.Laboureur14Manœuvre14CuréLieutenant6Greffier4Marchand4Notaire4Prêtre2Boulanger2Cocher1
Signatures : 37 actes comportent au moins un signataire laïc relevé, soit 19.3% des 192 actes. 47 signatures ont été comptées. Cet indicateur ne mesure pas directement le taux d’alphabétisation de toute la population.
Contexte géographique

Chamoux dans son paysage ancien

Les cartes utilisées sont postérieures au registre, mais permettent de visualiser la permanence des villages, bois, chemins et cours d’eau.

Carte de Cassini autour de Chamoux, Clamecy, Vézelay et Urzy
Carte de Cassini, feuille régionale autour de Chamoux — source visible sur le document : Gallica / Bibliothèque nationale de France. Cette carte du XVIIIe siècle est postérieure au registre de 1649–1681.
Véritable carte ancienne

Entre Vézelay, Clamecy, Corvol et Urzy

La carte de Cassini replace Chamoux dans un territoire de vallées, de bois et de chemins reliant les bourgs du sud de l’Yonne et du nord de la Nièvre.

Les actes confirment une mobilité vers Cray, La Feuille à Urzy, Asnières, Dornecy, Vézelay, Autun, Sardy-les-Forges et Chastel-Censoir.

Le cadastre napoléonien montre ensuite plus finement le village de Chamoux, le hameau de Cray, le bois de Breuillard, La Feuille et Le Cellion.

Relief

Les cartes montrent un terroir de plateaux entaillés et de vallons, organisé autour de chemins sinueux et de pentes boisées.

Rivières et ruisseaux

Un ruisseau traverse le secteur de Cray et de Chamoux. Sa dénomination et son tracé historique précis restent à vérifier sur les plans et référentiels hydrographiques.

Bois et terres

Le bois de Breuillard, les bois communaux, La Feuille et de nombreuses parcelles cultivées occupent une place importante sur le cadastre.

Villages voisins

Vézelay, Asnières, Dornecy, Urzy, Corvol, Clamecy et plusieurs paroisses voisines apparaissent dans les réseaux du registre.

Routes et chemins

Les plans montrent les voies reliant Chamoux à Cray et aux terroirs voisins, bien avant le réseau routier contemporain.

Lieux mentionnés

12 lieux ou formes de lieux ont été repérés dans les champs structurés : Asnières, Autun, Brouillard, Chamoux, Chastel-Censoir, Cray, Dornecy, La Feuille, Saint-Étienne de Vézelay, Sardy-les-Forges, Urzy, Vézelay.

Repère administratif : le département de l’Yonne est créé en 1790 à partir de territoires issus principalement de la Bourgogne, mais également de la Champagne et de l’Orléanais. Pour 1649–1681, il faut donc raisonner avec les provinces, diocèses, seigneuries et juridictions d’Ancien Régime.
Immersion 1649–1681

Vivre à Chamoux au temps du registre

Entre 1649 et 1681, les habitants de la paroisse vivent au rythme des saisons, des récoltes, de la messe, des naissances et des décès. Le registre ne raconte pas leurs journées, mais ses actes permettent de retrouver leurs métiers, leurs familles, leurs déplacements et certaines épreuves. Le contexte historique aide ensuite à comprendre le monde matériel dans lequel ces vies s’inscrivent.

Maison et famille

Une maison n’abrite pas nécessairement un seul couple et ses enfants. Selon les ressources, plusieurs générations, un parent veuf ou des proches peuvent partager le même foyer et la même exploitation. Les pièces sont peu nombreuses ; la cheminée concentre cuisson, chauffage, travail et sociabilité, tandis que granges, étables et réserves font partie du même ensemble domestique.

Dans le registre : veuvages, remariages rapides et enfants posthumes montrent des foyers régulièrement recomposés. Anne Moreau, baptisée en 1675, est fille de feu Jean Moreau.

Travailler et vivre de la terre

La majorité des ressources vient directement du travail agricole : grain, jardins, animaux, bois, éventuellement vigne et travail journalier. Le laboureur dispose généralement de moyens d’exploitation plus importants ; le manœuvre vend davantage sa force de travail et reste plus exposé lorsque l’activité ou les récoltes diminuent.

Dans le registre : laboureurs et manœuvres dominent les professions relevées, aux côtés de marchands, notaires, boulanger, cocher, fermier, chapelier, charbonnier et palefrenier.

Argent, redevances et impôts

Les familles ne vivent pas dans une économie exclusivement monétaire. Une part des échanges et obligations peut être réglée en produits ou en travail. Aux dépenses du foyer s’ajoutent prélèvements royaux, dîmes et droits attachés aux terres ou à la seigneurie. Les guerres de Louis XIV accentuent progressivement la pression financière sur le royaume rural.

Dans le registre : la présence de marchands, notaires, greffier et lieutenant rappelle qu’à côté de l’économie agricole existe tout un monde d’actes, de dettes, de contrats et de droits.

À table et devant le feu

La table paysanne repose surtout sur les céréales : pain, soupes, bouillies et préparations épaissies. Légumineuses et légumes du jardin, œufs, laitages, fruits et noix complètent l’ordinaire ; la viande est moins quotidienne et doit souvent être conservée par salage. On cuisine sur l’âtre, dans des pots de terre, chaudrons ou marmites, avec des cuissons longues adaptées aux soupes et ragoûts.

À vérifier localement : les productions précises de Chamoux devront être documentées par terriers, inventaires après décès et actes notariés avant d’attribuer au village un menu « typique » trop précis.

Se soigner sans médecine moderne

Il n’existe ni antibiotiques, ni vaccination généralisée, ni compréhension microbienne des infections. La plupart des soins commencent dans la famille : plantes, emplâtres, alimentation, repos et pratiques héritées. Médecins et chirurgiens existent, mais leur accessibilité dépend fortement du lieu et des moyens. L’accouchement se déroule le plus souvent à domicile avec l’aide de femmes expérimentées ou d’une matrone.

Dans le registre : Jeanne Leconte est inhumée le jour même du baptême de son fils Claude Penot ; le rapprochement suggère fortement une complication de l’accouchement sans que la cause soit écrite.

Naître et survivre à l’enfance

La petite enfance est l’un des âges les plus vulnérables de l’Ancien Régime. Infections, troubles digestifs, accidents, complications de naissance et maladies contagieuses frappent des organismes sans les moyens thérapeutiques actuels. Le baptême est donc souvent donné rapidement après la naissance.

Dans le registre : parmi les 17 sépultures dont l’âge est exploitable, 9 concernent des moins de 12 ans et 6 des moins de 5 ans. Fiacre et Edmée Bureau, jumeaux nés le 28 novembre 1669, sont baptisés le 1er décembre.

La nuit, le froid et les saisons

La période se situe dans le Petit Âge glaciaire, dont la seconde moitié du XVIIe siècle compte parmi les phases froides à l’échelle européenne. Il ne faut pas imaginer trente années d’hiver permanent : l’enjeu est surtout une forte variabilité, avec des épisodes froids ou humides capables de compromettre récoltes et approvisionnements. À la maison, l’âtre constitue la principale source de chaleur et l’éclairage reste coûteux et limité.

Pour Chamoux : aucune mauvaise récolte précise ne peut encore être attribuée au village ; les variations climatiques devront être confrontées année par année aux baptêmes et sépultures.

Une vie réglée par la paroisse

La paroisse encadre le calendrier autant que les grandes étapes de la vie. Baptême, mariage, confession, fêtes, dimanches et sépulture rythment la communauté. Le curé n’est pas seulement celui qui écrit le registre : il est l’un des principaux acteurs institutionnels du quotidien.

Dans le registre : Mareschal officie jusqu’en 1669, puis Pourcher. Après les hésitations de 1671–1675, Mouran devient finalement « prêtre et Curé ».

Voisins, parrains et réseaux

Dans une petite communauté, famille, voisinage et alliance se recouvrent largement. Parrains, marraines et témoins sont donc précieux : ils montrent qui est proche de qui, qui sait signer, qui bénéficie d’une position reconnue et quels liens dépassent les limites immédiates de la paroisse.

Dans le registre : Agathe Perrin apparaît 7 fois dans les parrainages ; Jean Moreau, Augustin Cambuzat et Jeanne Belin 6 fois chacun. Les actes relient également Chamoux à Asnières, Vézelay, Dornecy, Urzy, Autun et d’autres lieux.

Qui exerce l’autorité ?

Le roi reste une autorité lointaine dans la vie quotidienne. Plus près des habitants se trouvent le curé, les détenteurs des droits seigneuriaux, les officiers de justice et les hommes habitués aux actes écrits.

Jean Bidault apparaît comme lieutenant de Chamoux ; Augustin Cambuzat comme greffier ; Edmé Massé comme notaire. Leur présence dans les mariages, témoignages et signatures aide à identifier une petite élite locale.

Une société plus mobile qu’elle n’en a l’air

Les habitants travaillent la terre, mais ils ne restent pas enfermés dans leur paroisse. Mariages, services domestiques, emplois, parenté et parrainages font circuler des personnes entre les communautés.

Le registre mentionne par exemple un cocher à La Feuille, un boulanger de Vézelay, des personnes venant de Cray, Asnières, Sardy-les-Forges ou Chastel-Censoir, et Simon Morina, palefrenier du prince de Condé demeurant à Chamoux.

Sources de contexte : les données locales proviennent du registre paroissial dépouillé et du classeur enrichi. Pour le cadre général, la page s’appuie notamment sur les travaux de démographie historique consacrés aux risques de la petite enfance à la fin du XVIIe siècle (Bourdelais & Raulot, Annales de démographie historique) et sur les synthèses historiques du Petit Âge glaciaire. Les pratiques alimentaires sont volontairement présentées à grands traits : elles devront être précisées pour Chamoux par les inventaires, terriers ou minutes notariales lorsqu’ils seront retrouvés.
Chronologie & contexte historique

1649–1681 : Chamoux dans son époque

Une seule chronologie met désormais en regard ce que le registre atteste à Chamoux et les grands repères du royaume. Les faits locaux restent distingués du contexte général lorsqu’aucun lien direct ne peut être démontré.

Les figures au pouvoir entre 1649 et 1681 : Louis XIV, Anne d’Autriche, le cardinal Mazarin et le Grand Condé
Les principales figures du pouvoir pendant la période couverte par le registre. Leur action situe Chamoux dans son époque sans constituer, à elle seule, une preuve d’événements vécus dans la paroisse.
Le registre et le royaume

Une lecture parallèle, sans confondre les échelles

1649–1653
À Chamoux

Le premier registre conservé s’ouvre sous le curé Mareschal. Les premiers feuillets sont aujourd’hui très dégradés, ce qui limite les comparaisons démographiques et explique plusieurs lacunes du dépouillement.

Dans le royaume

Les premiers actes sont contemporains de la Fronde, pendant la minorité de Louis XIV. Le registre ne permet pas d’en mesurer directement les conséquences à Chamoux.

1661
À Chamoux

Les familles Moreau, Guérault, Thibault, Cambuzat, Belin et d’autres deviennent de plus en plus visibles dans les baptêmes, mariages, parrainages et réseaux locaux.

Dans le royaume

Louis XIV commence son gouvernement personnel. La centralisation du pouvoir et l’augmentation progressive des dépenses militaires et fiscales forment le cadre général dans lequel vivent les campagnes.

1669–1670
À Chamoux

Mareschal cède la place à Pourcher. Fiacre et Edmée Bureau, jumeaux nés le 28 novembre 1669, sont baptisés le 1er décembre. En 1670, Germain Bureau meurt d’un coup de fusil et plusieurs sépultures se rapprochent au mois de septembre.

Dans le royaume

Le royaume entre dans une phase de puissance accrue. Les campagnes restent cependant vulnérables aux variations des récoltes, aux prix des grains et aux prélèvements.

1671–1675
À Chamoux

Le service paroissial connaît une transition particulièrement bien documentée. Gabriel Robineau, curé d’Asnières, intervient ponctuellement. L’acte 116 du 30 novembre 1671 signale le retour de Pourcher ; l’acte 117 du 9 janvier 1672 porte ensuite la note « départ de Pourcher, Chamoux n’a plus de curé ». Mouran prend le relais comme desservant, avec un intérim ponctuel de F. Chesneau. Il ne signe « prêtre et Curé » qu’à partir de l’acte 135, le 26 août 1675.

Dans le royaume

La guerre de Hollande commence en 1672. Pour Chamoux, on peut parler d’un contexte militaire et fiscal, mais aucun passage de troupes ne doit être affirmé tant qu’une source locale ne l’atteste pas.

1680–1681
À Chamoux

Plusieurs sépultures d’enfants et de jeunes se concentrent sur quelques mois : Agathe, Françoise Ribaillère, Marie et Adrienne Thibault, puis François Tasché. Cette concentration peut signaler un épisode local, mais aucune épidémie ne peut être affirmée à partir du seul registre.

À comparer

La seconde moitié du XVIIe siècle appartient à une phase froide du Petit Âge glaciaire. Il faudra confronter Chamoux aux paroisses voisines avant d’associer cette grappe de décès à une épidémie, une disette ou un épisode climatique.

Ce que le registre laisse entrevoir

Pouvoirs, juridictions et appartenances

Ces éléments complètent la chronologie sans répéter la vie quotidienne déjà décrite plus haut. Plusieurs restent des pistes de recherche plutôt que des conclusions définitives.

Seigneurie et juridiction

Les actes citent des lieutenants, greffiers et notaires. La seigneurie et les ressorts judiciaires exacts de Chamoux restent à documenter.

Diocèse et paroisse

Le déplacement de Mouran à Autun sur ordre épiscopal constitue un indice fort, mais l’organisation diocésaine précise doit encore être confirmée.

Nobles et maisons puissantes

Une demoiselle de La Ferté, Samuel Daulnay, sieur de Gouze ?, une mention lue provisoirement « François de Rochefort », le prince de Condé et Monseigneur de Vézelay apparaissent directement ou indirectement dans l’environnement du registre.

Principe de lecture : les événements chamoutins ci-dessus proviennent du registre dépouillé et de ses recoupements internes. Les repères politiques, militaires et climatiques servent uniquement de contexte tant qu’aucune source locale ne permet d’établir un effet direct sur la paroisse.
Description du registre

Un document très éprouvé par le temps

Écriture du curé

Plusieurs mains se succèdent. Les premières sont très irrégulières ; la lecture devient plus stable dans les pages tardives.

Langue utilisée

Français ancien, avec des formules religieuses et administratives propres aux registres paroissiaux du XVIIe siècle.

Formules employées

Les baptêmes indiquent généralement l’enfant, ses parents, son parrain et sa marraine ; les mariages et sépultures deviennent ensuite plus détaillés.

Qualité de conservation

Feuillets déchirés, froissés, superposés, déplacés ou partiellement perdus.

Changements de curé

G. Mareschal, Claude Pourcher, Mouran, Gabriel Robineau, F. Chesneau, Bonot et d’autres officiants apparaissent.

Population du registre

Familles, réseaux et figures de la paroisse

Familles les plus visibles

Moreau, Guérault, Thibault, Cambuzat, Ribaillère, Belin, Bureau, Perruchot, Fouquery et Picard structurent une grande partie des actes.

Prénoms dominants

Jean, Jeanne, Claude, Claudine, Edmé, Philiberte, Marie, Françoise, Jacques et Augustin sont les plus souvent cités.

Réseaux de parrainage

Les parrains et marraines relient les familles entre elles et permettent souvent de distinguer les homonymes ou de confirmer une alliance.

Officiers locaux

Lieutenants, greffiers, notaires et procureurs fiscaux apparaissent aux côtés des familles rurales.

Artisans et travailleurs

Laboureurs et manœuvres dominent, mais le registre cite aussi des métiers de service, de commerce et d’artisanat.

Personnes venues d’ailleurs

Les actes relient Chamoux à Cray, Urzy, Asnières, Vézelay, Dornecy, Autun et plusieurs paroisses plus éloignées.

Vie familiale

Ce que les chiffres disent des familles

Les grands indicateurs sont présentés en haut de page ; cette section en propose la lecture familiale. Ils ne décrivent pas une population exhaustive : les premières pages sont lacunaires et plusieurs actes ne comportent ni date précise ni filiation complète.

Nombre moyen d’enfants

115 baptêmes possèdent deux parents identifiés, répartis entre 73 couples. La moyenne obtenue, 1.58, est nécessairement sous-estimée par les lacunes et la période limitée du registre.

Espacement des naissances

L’espacement médian est de 4.3 ans et la moyenne de 4.6 ans sur 26 intervalles datables. Ces valeurs élevées signalent surtout des actes manquants ou des familles observées partiellement.

Âge au mariage

Le premier conjoint nommé a en moyenne 27.4 ans ; le second conjoint 26.7 ans. L’échantillon ne compte que 15 âges individuels exploitables.

Mortalité infantile et juvénile

Parmi les 17 sépultures dont l’âge est exploitable, 2 concernent un enfant de moins d’un an, 6 un enfant de moins de cinq ans et 9 un enfant de moins de douze ans.

Âges moyens au décès

Pour les âges connus, les enfants de moins de douze ans meurent en moyenne à 4.6 ans ; les personnes âgées de douze ans ou plus à 49.6 ans. L’échantillon est trop faible pour parler d’espérance de vie.

Remariages

2 remariages rapides sont explicitement relevés en 1670, environ deux mois après le décès du conjoint.

Naissances multiples

1 paire de jumeaux est confirmée : Fiacre et Edmée Bureau, nés le 28 novembre 1669 et baptisés le 1er décembre.

Enfant illégitime

Le registre ne conserve pas le baptême de cette enfant. Nous ne connaissons que son inhumation, alors qu’elle est âgée de six à sept jours.

Elle est dite fille de Samuel Courselle et de Françoise Benoist, que l’on retrouve par ailleurs dans le registre.

Décès maternel possible et enfant posthume

Un décès maternel très probable : Jeanne Leconte, épouse de Pierre Penot, est inhumée le même jour que le baptême de leur fils Claude Penot, en 1668. La concomitance des deux actes suggère fortement un décès lié à l’accouchement, sans que le curé l’indique explicitement.

Une enfant posthume certaine : Anne Moreau, baptisée le 1er janvier 1675, est dite fille de feu Jean Moreau et d’Edmée Cambuzat.

Dispenses de parenté

0 dispense est explicitement relevée dans la transcription actuelle. Les actes de mariage doivent toutefois être relus spécifiquement sur ce point.

Événements et histoires remarquables

Quand les actes racontent des vies

Au-delà des chiffres, quelques actes laissent entrevoir des drames, des liens et des trajectoires individuelles.

🕯️
1668 · décès maternel probable

Une mère inhumée le jour du baptême

Jeanne Leconte, épouse de Pierre Penot, est inhumée le même jour que le baptême de leur fils Claude. La concomitance suggère fortement un décès lié à l’accouchement, sans que le curé en donne la cause.

❤️
1er janvier 1675

Anne Moreau, enfant posthume

Elle est baptisée fille de feu Jean Moreau et d’Edmée Cambuzat. En quelques mots, l’acte conserve le lien entre une enfant et un père mort avant sa naissance.

👶
28 novembre 1669

Les jumeaux Fiacre et Edmée Bureau

Les deux enfants de Germain Bureau et Perrette Leconte sont baptisés le 1er décembre, chacun avec son propre parrain et sa propre marraine.

⚔️
1670 · mort inhabituelle

Germain Bureau tué d’un coup de fusil

Cette mort violente constitue l’un des actes les plus singuliers du registre et ouvre une piste vers d’éventuelles archives judiciaires.

🐎
Réseaux extérieurs

Un palefrenier du prince de Condé

Simon Morina apparaît comme palefrenier de Monsieur le Prince de Condé. Une petite paroisse rurale se trouve ainsi reliée à une grande maison princière.

✒️
Culture écrite

Des signatures très différentes

Paraphes spectaculaires de curés, écriture plus simple de femmes et marques personnelles révèlent les écarts de maîtrise de l’écrit.

💍
28 octobre 1680

Un mariage à cinq témoins, dont un notaire

Le mariage de Jean Bret et de Jeanne, fille de feu Charles et Jeanne Thibault (acte 184), réunit pas moins de cinq témoins nommés, dont le notaire Edmé Massé — signe d’une union entre familles notables.

👶
23 septembre – 1er octobre 1680

Une fille illégitime, puis un remariage huit jours plus tard

Marie, fille illégitime de Samuel Courselle et Françoise Benoist, est inhumée le 23 septembre 1680 (acte 180). Huit jours plus tard, le 1er octobre (acte 182), Samuel Courselle épouse Henriette Grosser, veuve de François Renaud — simple rapprochement chronologique, sans conclusion à en tirer sans plus d’éléments.

Dossier familial

La famille Cambuzat à Chamoux

Le registre ne livre pas une seule branche, mais plusieurs foyers étroitement liés aux Moreau, Thibault, Guérault, Belin, Perrin et Fouquery. Les actes de baptême et les parrainages permettent de distinguer les homonymes et de suivre les alliances.

« Les filiations, les parrainages et les signatures permettent de distinguer les branches Cambuzat. »
👪 Couple confirmé

Edmé Cambuzat×Gabrielle Duchesne

3 enfants retrouvés

Jeanne • Edmé • Toussine

Filiation confirmée par les baptêmes

👪 Branche distincte

Edmé Cambuzat×Philiberte Fouquery

3 enfants retrouvés

Lazare • Claude • Aymée

Filiation confirmée par les baptêmes

⭐ Branche personnelle

Augustin Cambuzat×Agathe Perrin

5 enfants relevés

Le foyer le plus fécond observé parmi les baptêmes complets.

Augustin est également greffier

⚖ Officier local

Augustin Cambuzat

Greffier de Chamoux, fréquemment présent comme parrain et témoin.

Signature conservée dans la galerie

🤝 Parrain récurrent

Toussaint Cambuzat

Présent dans les réseaux de parrainage sur environ trente ans.

Une figure durable de la communauté

🤝 Familles alliées

Moreau • Thibault • Guérault

Belin • Perrin • Fouquery • Gagné et d’autres familles apparaissent dans le réseau Cambuzat.

Alliances, parrainages et voisinages

Arbre de synthèse

Trois foyers Cambuzat identifiés

Ce schéma synthétise uniquement les filiations soutenues par les baptêmes actuellement structurés.

Edmé Cambuzat× Gabrielle Duchesne
Edmé Cambuzat× Philiberte Fouquery
Augustin Cambuzat× Agathe Perrin
Jeanne • Edmé • Toussine3 enfants retrouvés
Lazare • Claude • Aymée3 enfants retrouvés
5 enfants relevésFoyer le plus représenté
Galerie des signatures

Les mains qui ont laissé leur nom

Curés, officiers, notables et femmes de la paroisse donnent au registre une dimension profondément humaine. Certaines lectures restent provisoires.

⚖ Greffier de Chamoux

Augustin Cambuzat

✝ Curé de Chamoux

G. Mareschal

🏰 Noble, sieur de Gouze ? — lecture à confirmer

Samuel Daulnay ?

✒ Attribution à confirmer

François de Rochefort ?

✒ Signature féminine

Jeanne Brotier

✝ Curé de Chamoux

Claude Pourcher

📜 Notaire

Edmé Massé

✒ Signature féminine

Marguerite Pourcher

✒ Signature féminine

Perrette Laboureau

⚖ Lieutenant de Chamoux

Jean Bidault

✝ Prêtre, curé d’Asnières

Robineau

✝ Desservant puis curé

Mouran

✒ Attribution à confirmer

Signature non identifiée

✝ Curé de Chamoux

D. Loy

Données détaillées

Les principaux indicateurs à retenir

Les tableaux viennent en fin de page pour laisser d’abord place au récit, aux images et aux visualisations.

IndicateurRésultatPrécaution d’interprétation
Actes dépouillés192132 baptêmes, 17 mariages, 43 sépultures
Couples parentaux complets73Uniquement lorsque les deux parents sont lisibles
Enfants baptisés par couple1,58 en moyenneValeur sous-estimée par les lacunes
Espacement médian des baptêmes4,29 ansProbablement augmenté par des actes manquants
Décès avant 12 ans9 sur 17 âges connusÉchantillon trop faible pour généraliser
Naissances multiples1 paire de jumeauxFiacre et Edmée Bureau
Enfant posthume1 cas certainAnne Moreau, fille de feu Jean Moreau
Décès maternel concomitant1 cas très probableJeanne Leconte ; cause non écrite dans l’acte
Méthode, sources et limites

Une page fondée sur les actes

Source principale

Registre paroissial de Chamoux, cote 4E71/E1, dépouillé page par page et transcrit dans le classeur enrichi.

Cartographie

Carte de Cassini issue de Gallica/BnF et plans cadastraux anciens de Chamoux et de ses environs fournis pour l’étude.

Graphie originale

Les variantes de noms sont conservées. Une forme normalisée peut être utilisée séparément pour les regroupements statistiques.

Niveau de certitude

Les lectures sont distinguées entre certaines, probables et incertaines. Les hypothèses ne remplacent jamais le texte de l’acte.

Limites statistiques

Les premiers feuillets sont lacunaires, 14 baptêmes ne sont pas datés et seuls 17 décès comportent un âge exploitable.

Mises à jour

La page pourra être enrichie au fur et à mesure des recoupements avec le GEDCOM, les registres voisins et les archives judiciaires.